Crise internationale en mer : les États-Unis capturent un pétrolier russe lié à l’Iran et au Venezuela



Écrit par: Jeferson BAZILE

Atlantique Nord, 7 janvier 2026 — Une opération américaine de grande envergure a abouti mercredi à la saisie d’un pétrolier battant pavillon russe, après plus de deux semaines de poursuite à travers l’océan Atlantique. Le navire, précédemment connu sous le nom Bella 1 et rebaptisé Marinera, était traqué par les autorités américaines depuis la fin décembre pour violation présumée de sanctions internationales.
Les forces combinées de la Garde côtière américaine, de l’armée et de forces spéciales ont pris le 6 contrôle du Marinera dans les eaux internationales, entre l’Islande et les îles britanniques. L’opération, coordonnée avec une mandat de saisie délivré par un tribunal fédéral des États-Unis, a été menée sans affrontement majeur, selon des responsables américains.

Les États-Unis affirment que le pétrolier était suspecté de transporter du pétrole iranien ou vénézuélien soumis à sanctions, et qu’il faisait partie d’un réseau maritime clandestin souvent appelé « flotte de l’ombre ». Ce réseau est accusé d’acheminer du pétrole en violation des sanctions américaines contre l’Iran, le Hezbollah et le régime de Caracas.
Néanmoins, des données de suivi maritime et des sources spécialisées indiquent que le navire était vide au moment de l’interception — il n’aurait pas encore chargé de pétrole lorsqu’il a été repéré et suivi par la Garde côtière.
Cette absence de cargaison rend floues les motivations précises du regain d’intérêt militaire américain, même si l’enjeu stratégique est élevé : Washington cherche à entraver toute tentative d’évasion des sanctions énergétiques imposées à Téhéran et à Caracas.

Cependant, le Bella 1 avait refusé de se soumettre à un contrôle de la Garde côtière américaine en mer des Caraïbes fin décembre. Après avoir contourné ce premier abordage, il a pris la fuite vers le nord-est, coupant son signal de localisation, changé de nom en cours de route et au repeint un drapeau russe sur sa coque, revendiquant une immatriculation sous pavillon russe.
Cette démarche, selon Washington, visait à compliquer juridiquement toute action d’interception. Moscou a réagi en positionnant un sous-marin et plusieurs bâtiments de surface pour escorter ou protéger le pétrolier, ce qui a accentué les tensions entre Washington et Moscou.

Du côté russe, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé l’opération américaine, qualifiant l’attention portée au navire de « manifestement disproportionnée » et soulignant que le Marinera naviguait sous son pavillon dans le respect du droit maritime.