Le 29 février 2004, le président vénézuélien Hugo Chávez Frías prononce un discours d’une rare virulence politique. Face à ses partisans et à la nation, il accuse ouvertement les États-Unis de mener une politique d’ingérence systématique visant à menacer la souveraineté du Venezuela et à déstabiliser la Révolution bolivarienne.
Un contexte de confrontation permanente
Cette prise de parole intervient dans un climat de fortes tensions. Deux ans plus tôt, en avril 2002, Hugo Chávez avait été brièvement renversé par un coup d’État soutenu par des secteurs de l’opposition vénézuélienne, avec la bienveillance de Washington. Bien que rétabli au pouvoir grâce à une mobilisation populaire massive et à une partie de l’armée restée loyale, le président n’ignore pas que la menace demeure.
À cela s’ajoute le sabotage pétrolier de 2002-2003, mené par des élites économiques et technocratiques hostiles au gouvernement, qui avait paralysé l’entreprise publique PDVSA et plongé le pays dans une grave crise économique. Pour Chávez, ces événements ne sont pas isolés : ils s’inscrivent dans une stratégie cohérente de déstabilisation.
La dénonciation d’une stratégie impérialiste
Dans son discours du 29 février 2004, Hugo Chávez affirme que les pressions diplomatiques, les campagnes médiatiques internationales et les tentatives d’isolement du Venezuela relèvent d’un projet impérialiste. Selon lui, l’objectif réel de Washington est clair : reprendre le contrôle des ressources énergétiques vénézuéliennes, parmi les plus importantes au monde, et empêcher l’émergence d’un modèle politique alternatif en Amérique latine.
Il rejette avec fermeté les accusations américaines contre son gouvernement, qu’il qualifie de prétextes destinés à justifier l’ingérence étrangère. Chávez insiste sur le fait que la Révolution bolivarienne est issue des urnes et qu’elle repose sur une légitimité démocratique incontestable, renforcée par le soutien populaire.
Souveraineté, peuple et autodétermination
Au cœur de son intervention, Chávez place le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il affirme que le Venezuela ne peut accepter aucune tutelle étrangère et que son peuple est déterminé à défendre son indépendance politique et économique.
Le président vénézuélien oppose ainsi la volonté populaire aux intérêts des grandes puissances, rappelant que les transformations engagées — nationalisations stratégiques, politiques sociales, redistribution des richesses — visent avant tout à corriger des décennies d’inégalités.
Un appel à l’unité latino-américaine
Au-delà du cas vénézuélien, Hugo Chávez lance un appel à l’unité des forces progressistes du continent. Il invite les peuples et les gouvernements d’Amérique latine à dépasser leurs divisions pour construire un front anti-impérialiste capable de résister aux pressions extérieures.
Pour Chávez, la défense du Venezuela est indissociable de celle de toute l’Amérique latine : l’attaque contre un pays souverain constitue une menace pour l’ensemble de la région. La Révolution bolivarienne se veut ainsi un symbole de résistance, mais aussi un point de ralliement pour les mouvements populaires du continent.
Une date symbolique dans l’histoire bolivarienne
Le discours du 29 février 2004 s’inscrit comme un moment fort de la rhétorique et de la pratique politique d’Hugo Chávez. Il illustre la ligne de confrontation assumée avec les États-Unis et la volonté de faire du Venezuela un acteur central de la contestation de l’ordre géopolitique dominant.
Plus de vingt ans plus tard, cette intervention demeure un repère pour comprendre la logique anti-impérialiste de la Révolution bolivarienne et les tensions durables entre Caracas et Washington.

Jeferson BAZILE Originaire de Saint Louis Du Sud, il est l’une des personnes engagés pour un changement réel au en Haïti. Ing-AgroEconomiste, Étudiant Finissant en Dess Pedagogie de l’enseignement Superieur, étudiant en science Juridique,Activiste Jeunes, Chroniqueur sportif, animateur radio et commentateur reconnu, il a un parcours dans divers médias dans le département du Sud notamment Radio Lebon fm 102.1 fm, Acaau 96.3fm, Sud Fm 98.9fm et Rtech 106.1fm. Fondateur de Sure-infos et Quadrico maison Cadeaux, Professeur au niveau classique dans la commune de Saint-Louis du Sud et au niveau Superieur dans la commune des Cayes.
