7 février : fin des excuses, début des responsabilités pour bâtir l’espoir au lieu du vide



Le 7 février ne doit pas être perçu comme une simple date politique, mais comme un moment de vérité pour la nation haïtienne. À l’issue de cette échéance, le pays risque de s’enfoncer davantage dans l’incertitude si aucune décision responsable n’est prise. Le vide institutionnel qui menace n’est pas seulement un problème de pouvoir, mais une menace directe pour la sécurité, la dignité et l’avenir du peuple haïtien.

Face à cette situation, la première proposition essentielle est la mise en place d’une transition de rupture, fondée sur un large consensus national. Cette transition doit inclure les forces vives du pays : partis politiques crédibles, organisations de la société civile, leaders communautaires, femmes, jeunes et diaspora. Elle doit être claire pour une durée de 12 à 18 mois,transparente dans son fonctionnement et orientée exclusivement vers l’intérêt général, et non vers la conservation du pouvoir.

La question de la sécurité ne peut plus être repoussée. Après le 7 février, l’État doit assumer pleinement sa responsabilité de protéger les citoyens. Cela exige le renforcement immédiat de la Police nationale, le désarmement effectif des groupes armés et la fin de toute complaisance envers les réseaux criminels. Sans sécurité, il n’y aura ni élections crédibles, ni développement, ni paix sociale.
Par ailleurs, il est urgent de restaurer l’autorité de la justice. L’impunité généralisée a détruit la confiance entre l’État et la population. Après le 7 février, des actions concrètes doivent être engagées pour faire fonctionner les tribunaux, sanctionner la corruption et garantir l’égalité de tous devant la loi. La justice doit cesser d’être un privilège pour devenir un droit effectif.

L’après 7 février doit aussi ouvrir la voie à des élections honnêtes et inclusives. Celles-ci ne peuvent être organisées dans la précipitation ni sous la menace des armes. Il faut un Conseil électoral permanent, un cadre juridique crédible et des conditions sécuritaires réelles afin que le vote du peuple soit respecté. Les élections doivent servir à refonder la légitimité de l’État, et non à perpétuer la crise.

Enfin, aucune solution politique ne sera durable sans une réponse sociale forte. Le peuple haïtien souffre : chômage, insécurité alimentaire soit plus de cinq millions de personnes, absence de services de base. Des mesures d’urgence doivent être prises pour soutenir les familles vulnérables, relancer l’éducation, offrir des opportunités aux jeunes et valoriser la production nationale. Gouverner, c’est d’abord répondre aux besoins essentiels de la population.

L’après 7 février doit être un moment de courage collectif. Haïti ne peut plus se permettre l’improvisation, la division et l’exclusion. C’est ensemble, dans le dialogue, la responsabilité et le respect de la dignité humaine, que le pays pourra transformer la crise actuelle en un véritable projet de renouveau national.